L’église Notre-Dame de l’Assomption de Montmiral retrouve tout son éclat après 13 années de restauration

Après plus d’une décennie de travaux menés avec passion et minutie, l’église Notre-Dame de l’Assomption de Montmiral ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Entre 2013 et 2026, ce remarquable édifice a bénéficié d’un vaste programme de restauration, mené en plusieurs phases, permettant de sauvegarder un patrimoine exceptionnel tout en révélant de nombreuses découvertes historiques.

Au-delà d’une simple rénovation, ce chantier constitue une véritable aventure patrimoniale, mobilisant architectes, artisans d’art, restaurateurs, entreprises spécialisées et partenaires institutionnels autour d’un objectif commun : transmettre ce monument aux générations futures.

Une première phase consacrée à la restauration extérieure (2013-2015)

Les premiers travaux, conduits sous la direction de Joëlle Cumin, architecte du patrimoine, ont concerné l’ensemble de l’enveloppe extérieure de l’édifice.

Des entreprises essentiellement locales ont participé à cette première campagne de restauration, notamment les entreprises Bourdariès, De Magalhaes, Chevrin-Geli, Faure et Bodet, chacune apportant son savoir-faire dans son domaine d’expertise.

Parmi les principales réalisations figurent :

  • la reconstruction du clocher avec sa toiture pyramidale ;
  • la restauration de la chambre des cloches et du beffroi ;
  • la remise en état des cloches, rendue possible grâce au soutien financier de la communauté britannique ;
  • l’installation d’un paratonnerre ;
  • la restauration complète des toitures de la nef, des chapelles, du chœur et de la sacristie ;
  • la reprise des maçonneries, des contreforts et des parements ;
  • la création d’un chemin de visite dans les combles ;
  • la réfection de la zinguerie et la protection des vitraux.

Ces travaux ont permis de sécuriser durablement le bâtiment tout en préservant son architecture.

Une restauration intérieure d’une ampleur exceptionnelle

À partir de l’automne 2023, une seconde campagne de travaux est engagée sous la conduite de Nicolas Calandre, architecte du patrimoine.

Autour de lui, plusieurs entreprises spécialisées et ateliers de restauration du patrimoine interviennent successivement afin de redonner tout son éclat à l’intérieur de l’église.

Une nef entièrement restaurée

La première phase intérieure s’est concentrée sur la nef.

Les murs, les corniches et les voûtes ont été restaurés, tandis que les décors peints ont fait l’objet d’un travail minutieux de conservation et de restitution.

Les restauratrices de l’Atelier d’Autan ont notamment mis au jour une ancienne frise d’anges avant de recréer trois scènes de la vie de la Vierge :

  • la Naissance de la Vierge ;
  • l’Annonciation ;
  • la Nativité.

Les anciennes toiles peintes représentant ces mêmes scènes ont été déposées, restaurées puis présentées dans la tribune afin de conserver la mémoire des précédentes campagnes décoratives.

Cette première phase a également permis :

  • la mise en place d’un nouveau chauffage électrique ;
  • la réfection complète de l’installation électrique et sa mise aux normes de sécurité incendie ;
  • l’installation d’un dispositif destiné à lutter contre l’humidité, associé à une ventilation mécanique ;
  • la restauration de dix stations du chemin de croix ;
  • la rénovation des sols, de la tribune, du portail d’entrée et du tambour.

Des découvertes patrimoniales inattendues dans le chœur

Entre l’hiver 2024 et le printemps 2025, les travaux se sont poursuivis dans le chœur.

Les voûtes ont été restaurées avant qu’un nouveau décor peint, imaginé dans l’esprit de celui de la nef, ne soit recréé.

Mais c’est surtout la découverte d’une fresque du début du XIXᵉ siècle, représentant l’Annonciation entourée des évangélistes saint Matthieu et saint Luc, qui a marqué cette phase du chantier.

Parallèlement, les maçonneries des baies ont été reprises, de nouveaux vitraux créés et les stalles soigneusement restaurées.

Le retable classé Monument Historique a, quant à lui, été mis en sécurité dans l’attente d’une future campagne de restauration.

Les chapelles révèlent des trésors médiévaux

La dernière phase du chantier, menée entre l’hiver 2025 et le printemps 2026, a sans doute réservé les plus belles surprises.

Au fil des restaurations des murs et des voûtes, les équipes ont découvert plusieurs fresques médiévales, parfois superposées sur plusieurs époques.

Ces découvertes ont permis de revoir l’histoire même de l’édifice et de faire remonter sa datation plus loin qu’on ne le pensait jusqu’alors.

Parmi les peintures désormais visibles figurent notamment :

  • un Christ en buste entouré d’anges, daté de la fin du XIVᵉ siècle ;
  • plusieurs scènes de la vie de saint Blaise, datant du XVᵉ siècle.

Les chapelles ont également bénéficié :

  • d’une restauration complète des peintures murales ;
  • de la recréation du décor disparu de la chapelle de la Piéta ;
  • de la pose d’un nouvel autel ;
  • de nouveaux lambris ;
  • de la restauration des sols, des estrades, des grilles et des vitraux.

Le retour de la Croix des Comtes d’Armagnac

L’un des objectifs majeurs de cette restauration était de permettre le retour à Montmiral de la célèbre Croix des Comtes d’Armagnac.

Une chapelle entière a été spécialement aménagée pour accueillir cette œuvre exceptionnelle dans les meilleures conditions de conservation et de sécurité.

Des installations électriques spécifiques, une alarme et une importante grille de protection ont été mises en place afin de permettre sa présentation au public.

La croix elle-même a bénéficié d’une restauration complète en 2023, financée par la DRAC et le musée de Cluny, avant d’être présentée lors de l’exposition Voyage dans le cristal au musée de Cluny à Paris.

Un nouvel orgue grâce au mécénat

En parallèle des travaux, l’association « Un orgue pour Montmiral », créée en 2024 par Jean-Marie Boin et Jacques Couffignal, a permis de réunir les fonds nécessaires à l’acquisition d’un orgue électronique Johannus à trois claviers.

Grâce à la générosité des mécènes, cet instrument accompagnera désormais les célébrations et les concerts organisés dans l’église.

Son inauguration a eu lieu lors de la réouverture officielle de l’église, à l’occasion de la messe célébrée le 27 juin 2027 par Monseigneur Jean-Louis Balsa, archevêque d’Albi.

Un chantier exemplaire au service du patrimoine

Tout au long de ces treize années, les équipes ont pu compter sur les conseils et l’expertise de nombreux spécialistes du patrimoine, notamment Ariane Dor (DRAC), Virginie Massol (Conservation des objets d’art) et Jean Le Pottier (Archives).

Le choix d’un phasage des travaux sur plusieurs années a permis à la commune de financer progressivement cette ambitieuse restauration tout en assurant la continuité du projet.

Aujourd’hui, l’église Notre-Dame de l’Assomption de Montmiral retrouve toute sa splendeur. Plus qu’une restauration, ce chantier représente un véritable travail de transmission, permettant de préserver un patrimoine exceptionnel, d’enrichir les connaissances historiques sur l’édifice et d’offrir aux habitants comme aux visiteurs un monument magnifiquement restauré, prêt à traverser les siècles.

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